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Lancement du livre « Tendances - Savoir les décrypter »


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Flux, egocasting et choix alimentaires

Les deux choix alimentaires actuellement disponibles, malbouffe et plaisir versus saine alimentation et restriction du plaisir, sont à l'encontre même de l'egocasting. L'industrie de l'alimentation doit développer de nouveaux modèles alimentaires pour satisfaire la montée en puissance de l'egocasting.

Dans plusieurs billets précédents je vous ai expliqué en quoi consiste le Flux, cet incessant transit d'actes de conversation au travers duquel nous nous exprimons et recueillons des informations contextualisées. Nous avons avons vu aussi que l'egocasting, supporté par le Flux, nous permet non seulement de choisir les contenus que nous désirons consommer, mais aussi de produire et diffuser les contenus que nous voulons bien. Nous nous sommes dotés comme jamais auparavant d’un incroyable contrôle sur ce que nous voulons écouter, voir ou diffuser. Nous pouvons consciemment éviter les idées, les musiques et les images qui nous dérangent ou avec lesquelles nous sommes en désaccord.

Reportons maintenant l'egocasting dans le champ de l'alimentation. L'être humain n'est pas différent dans ses méthodes de sélection en terme d'alimentation que dans ses choix de consommation de contenus informatifs. Je m'explique. La finalité principale de l'egocasting est de caresser son ego, de se sentir bien et d'être la véritable expression de soi-même. En fait, c'est un hédonisme nouveau genre au travers duquel nous cherchons la satisfaction, la gratification et la reconnaissance de soi. Et cette gratification n'est accessible que par les choix conséquents que nous faisons, et pas autrement. Par contre, un choix conséquent pour soi ne signifie pas pour autant un choix conséquent pour sa santé. La plupart du temps, il s'agit d'un choix conséquent en fonction de la gratification personnelle que l'on recherche, peu importe la nature de la gratification. Ce qui gratifie l'un, ne gratifie pas forcément l'autre.

Côté alimentation, les modèles culturels qui nous sont présentement offerts sont du domaine de l'interdiction. Alors que l'industrie de la malbouffe nous propose le plaisir de manger à travers des aliments malsains, les nutritionnistes et consorts nous proposent ni plus ni moins que l'ascèse alimentaire, et cherchent à nous faire consommer de plus en plus d'aliments que nous ne voulons pas consommer. Chiffres à l'appui, les «intégristes de l'alimentation» nous mitraillent de données statistiques sur le cancer, le diabète, les problèmes cardiovasculaires et l'obésité. Il ne se passe plus une seule journée sans que l'on nous dise que tel ou tel aliment est potentiellement cancérigène, sans compter qu'on nous prédit que les générations montantes vivront moins longtemps que la nôtre.

Deux tendances contradictoires en alimentation
Il y a donc deux tendances en alimentation: celle de la malbouffe et celle de la santé. Choisir l'un ou l'autre n'a pas d'importance à l'ère de l'egocasting. Ce qui a de l'importance, c'est le choix effectué par l'individu dans sa quête d'identification et de reconnaissance de soi. L'industrie de la malbouffe a ses évangélisateurs tout comme l'industrie de la saine alimentation. Les premiers parlent du plaisir, les seconds de restrictions. En fait, c'est l'impression qui est laissé, et je ne suggère pas ici que c'est la réalité.

L'egocasting stipule que nous avons la possibilité comme jamais auparavant de choisir ce que nous voulons afin d'y trouver gratification et reconnaissance de soi. En fait, cette possibilité de choix infinis se retrouve dans les contenus informationnels et non dans l'alimentation où seuls deux choix sont actuellement disponibles: plaisir et restriction. D'un point de vue marketing, l'entreprise en alimentation qui veut profiter de cette tendance de plus en plus prononcée de l'egocasting doit miser sur le fait qu'elle doit créer de nouveaux créneaux de choix et d'élargir considérablement le spectre de modèles alimentaires, ce qui n'existe pas présentement. 

Augmenter le spectre des modèles alimentaires
L'egocasting est très sensible à l'image de marque (branding). Par exemple, le mouvement de l'«alimentation de proximité» n'entre pas dans les cadres de l'egocasting, car il fait appel à une restriction dans le choix alimentaire. Ce n'est pas chez le fermier du centre du Québec ou de Bretagne en France que le consommateur y trouvera des kiwis ou des mangues. Autre exemple, en 2009, c'est un fromage québécois, Le Cendrillon, qui a remporté la palme du meilleur fromage au monde, ce qui a fait grincer des dents quelques Français. Le Cendrillon n'est pas un produit de proximité, c'est une image de marque, et l'egocasting y est très sensible.

L'egocasting cherche, comme je l'ai déjà expliqué, la gratification de soi, mais cherche aussi à gratifier son entourage immédiat. Tous les parents veulent que leurs enfants profitent de la meilleure alimentation possible tout en ayant du plaisir à manger. Malheureusement, les modèles en ce sens pour manger sainement sans tomber dans le végétarisme ou l'intégrisme alimentaire sont à toutes fins pratiques inexistants. 

Conclusion, l'avenir des entreprises en alimentation est de travailler sur l'egocasting afin de faire ressortir une multitude de modèles alimentaires, et non seulement ceux de la malbouffe ou de la restriction.



 

Flux - Réalité sociale augmentée - Tome 1